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    Pourquoi assurer un site industriel devient de plus en plus compliqué ?

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  • Pourquoi assurer un site industriel devient de plus en plus compliqué ?
  • 31 août 2026 par
    Pourquoi assurer un site industriel devient de plus en plus compliqué ?
    Patrick Zawadzki

    Prenons un centre de tri qui prépare son renouvellement d’assurance.

    Le site est assuré depuis des années. Les contrôles réglementaires sont réalisés, les extincteurs vérifiés, les procédures incendie existent. Pourtant, cette fois, les questions deviennent plus précises : quelles quantités sont réellement stockées ? Combien de départs de feu ou d’incidents ont été constatés ? Combien étaient liés à des batteries ? Les caméras thermiques fonctionnent-elles en permanence ? Combien de temps faudrait-il pour reprendre l’activité après un sinistre majeur ?

    Une partie des réponses existe. Mais elles sont souvent réparties entre les équipes QHSE, la maintenance, l’exploitation, l’ERP, des fichiers Excel, des rapports de contrôle et parfois quelques mails. C’est là que le sujet de l’assurance rejoint directement celui du pilotage de l’activité.

    Un marché plus favorable… sauf pour certains risques

    Il serait exagéré d’affirmer que tous les sites industriels sont devenus impossibles à assurer.

    Les chiffres publiés par France Assureurs montrent même une amélioration du marché des dommages aux biens professionnels en 2025 : le nombre de sinistres supérieurs à 2 millions d’euros a diminué de 25,9 % par rapport à 2024.

    Mais cette tendance générale cache de fortes différences selon les activités.

    Dans son état du marché 2026, l’AMRAE indique que l’assurance dommages bénéficie globalement de capacités importantes et d’une légère détente. Elle précise néanmoins que plusieurs secteurs sinistrés ne profitent pas réellement de cette amélioration, parmi lesquels la gestion des déchets. Elle souligne également l’importance croissante de la prévention et de la visibilité fournie aux assureurs sur les risques.

    Pour les exploitants concernés, la difficulté ne se traduit donc pas nécessairement par un refus d’assurance. Elle peut prendre différentes formes : davantage de questions lors du renouvellement, demandes d’investissements de prévention, franchises plus importantes, garanties limitées ou conditions particulières.

    L’assureur cherche surtout à comprendre le risque qu’il accepte de couvrir.

    Dans les déchets, l’incendie change clairement la perception du risque

    Le secteur du recyclage et du traitement des déchets fournit un exemple particulièrement parlant.

    Selon le ministère de la Transition écologique, le secteur des déchets représentait 12 % des accidents recensés dans les installations classées en 2024, ce qui en faisait le deuxième secteur le plus accidentogène cette année-là. Le ministère constate également une augmentation depuis 2010 du nombre d’accidents, notamment des incendies, dans les installations de tri et de traitement.

    Les batteries au lithium jouent désormais un rôle important dans cette accidentologie. Elles peuvent arriver là où elles ne devraient jamais se trouver : dans des déchets en mélange, des DEEE, du carton, une benne ou un stock avant traitement.

    Le BARPI documente par exemple plusieurs incendies survenus en 2025 dans lesquels des batteries lithium ont été identifiées comme origine du sinistre. À Viggianello, un incendie du 4 juin a été provoqué par une batterie présente dans les déchets ; l’exploitant a ensuite revu ses procédures incendie, organisé des actions de sensibilisation et renforcé la coordination avec le gardiennage.

    Le coût potentiel peut être considérable. France Assureurs cite l’incendie d’une usine de retraitement de déchets à Paris le 7 avril 2025, avec un coût estimé supérieur à 50 millions d’euros. Plus largement, la sinistralité des professionnels et entreprises en 2025 est restée 25 % au-dessus de la moyenne des dix années précédentes.

    Pour un assureur, le sujet n’est donc pas théorique. Mais pour l’exploitant non plus.

    Un incendie important peut entraîner des dommages aux bâtiments et aux équipements, des coûts environnementaux, l'arrêt d'une ligne, des difficultés à servir les clients ou plusieurs semaines de perturbation.

    La prévention existe souvent. Le problème est de pouvoir la démontrer

    Dans beaucoup d’entreprises, les actions de prévention sont déjà nombreuses. Les équipements sont entretenus. Les salariés sont formés. Les contrôles sont effectués. Les incidents sont enregistrés. Les quantités de matières sont connues quelque part.

    Pourtant, lorsqu’il faut obtenir une vision globale, la situation devient plus compliquée.

    Un responsable de site peut par exemple connaître le nombre d’incidents survenus cette année sans pouvoir rapprocher facilement ces incidents des matières présentes sur le site, des volumes stockés, de la zone concernée, de l'heure de détection, du temps nécessaire pour intervenir ou des actions correctives réalisées depuis.

    Or ces informations permettent de dépasser une logique purement administrative.

    Un historique de douze incidents n’a pas la même signification si dix se sont produits dans la même zone ou si leur fréquence diminue depuis l’installation d’un dispositif de détection.

    De la même manière, déclarer qu’une caméra thermique est installée apporte moins d’informations que de savoir combien d’alertes elle a détectées, si celles-ci ont été traitées et en combien de temps.

    Quels indicateurs suivre réellement ?

    Il n’est pas nécessaire de créer cinquante KPI supplémentaires. Quelques indicateurs bien choisis peuvent déjà améliorer considérablement la compréhension du risque.

    Information suivie Ce qu’elle permet de comprendre
    Incidents et départs de feu par zone Où le risque se concentre
    Origine probable des incidents Quels flux ou équipements sont concernés
    Volumes et matières stockés L’exposition réelle du site
    Temps détection → intervention La capacité à limiter la propagation
    Actions préventives ouvertes / réalisées Si les problèmes identifiés sont effectivement traités
    Arrêts d’exploitation liés aux incidents L’impact économique réel
    Contrôles et maintenances en retard Les points de fragilité potentiels

    La valeur ne vient pas du tableau lui-même. Elle vient surtout de la possibilité de rapprocher des informations qui étaient auparavant examinées séparément.

    Prenons un exemple simple. Un site constate plusieurs échauffements dans une même zone. En parallèle, les volumes stockés dans cette zone ont fortement augmenté depuis six mois.

    Pris séparément, les deux phénomènes peuvent sembler acceptables. Une fois rapprochés, ils peuvent conduire à revoir les capacités de stockage, la rotation des matières, la fréquence des contrôles ou le dispositif de détection.

    C’est une décision opérationnelle, pas un projet informatique.

    Avant de construire un nouveau système, regarder ce qui existe déjà

    Le premier travail consiste rarement à installer un nouvel outil.

    Il faut commencer par identifier les informations nécessaires pour piloter le risque, comprendre où elles se trouvent aujourd’hui, qui les met à jour et à quelle fréquence.

    Les réponses peuvent être réparties entre un ERP, un logiciel métier, les données de maintenance, des contrôles QHSE et quelques fichiers Excel. L’objectif est ensuite de remettre ces informations en relation.

    Chez Sova Decision, c’est généralement de cette manière que nous abordons ce type de sujet : comprendre d’abord les décisions à prendre et les informations nécessaires, puis regarder comment exploiter les données déjà disponibles.

    Un tableau de bord peut ensuite être utile pour automatiser cette visibilité. Mais il ne remplace ni un système de détection incendie, ni une procédure adaptée, ni les investissements de prévention nécessaires.

    Et disposer de davantage de données ne garantit évidemment pas qu’un assureur acceptera un risque. En revanche, une entreprise qui connaît précisément ses incidents, ses expositions et l’avancement de ses actions de prévention dispose d’une base beaucoup plus solide pour gérer le risque — et pour en discuter avec son courtier ou son assureur.

    Mieux connaître son risque avant qu’un sinistre ne le révèle

    L’assurance constitue finalement un révélateur intéressant. Les questions posées lors d’un renouvellement obligent parfois l’entreprise à rechercher des informations qu’elle devrait déjà pouvoir utiliser pour son propre pilotage.

    L’objectif n’est pas uniquement de rester assurable. Il est surtout de mieux connaître ce qui peut interrompre l’activité et de pouvoir agir avant que le risque ne devienne un sinistre.

    Sources

    • France Assureurs — L’assurance en 2025 : protéger aujourd’hui pour construire demain.
    • France Assureurs — L’assurance de dommages aux biens des professionnels en 2025.
    • Ministère de la Transition écologique — Lutte contre les accidents dans le secteur des déchets.
    • AMRAE — État du marché & perspectives des assurances des entreprises 2026.
    • BARPI — Base ARIA, accidentologie des installations de gestion des déchets.

    Vos données permettent-elles réellement de piloter vos risques ?

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    Cet article a été généré à l'aide de l'IA et revu par un rédacteur.


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