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    Batteries de véhicules électriques : le marché qui arrive, et comment s'y préparer

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  • Batteries de véhicules électriques : le marché qui arrive, et comment s'y préparer
  • 19 août 2026 par
    Batteries de véhicules électriques : le marché qui arrive, et comment s'y préparer
    Jérome Charlon

    Le marché du recyclage des batteries de véhicules électriques existe déjà. Il est réglementé, structuré, et il va grossir vite. Ce n'est pas encore un marché de masse pour les PME du recyclage. Mais les entreprises qui s'y positionnent aujourd'hui ne le feront pas dans les mêmes conditions que celles qui attendront 2028.

    Ce que les chiffres disent

    En 2024, le gisement de batteries usagées à traiter en France était estimé à environ 30 000 tonnes par an selon l'ADEME. C'est déjà un volume significatif. Mais c'est surtout ce qui vient ensuite qui retient l'attention. [1]

    Les véhicules électriques mis en circulation entre 2018 et 2022 commenceront à arriver en fin de vie à partir de 2028-2030. À cet horizon, le volume de batteries à recycler est estimé à 600 000 tonnes annuelles en France. Soit un volume multiplié par vingt en moins de dix ans. [1,2]

    Dès 2030, près de 50 000 véhicules électriques arriveront chaque année en fin de vie en France. La filière REP batteries est opérationnelle depuis le 18 août 2025. Le cadre existe. Les volumes arrivent. [3]

    À l'échelle mondiale, le marché du recyclage des batteries de véhicules électriques était évalué à 930 millions de dollars en 2024. Il devrait atteindre 11 milliards de dollars d'ici 2032, soit un taux de croissance annuel de 36 %. [4]

    Ces chiffres concernent principalement les grandes unités industrielles de traitement. Mais ils dessinent un contexte dans lequel la collecte, le tri préliminaire et la logistique constituent des maillons essentiels. Et ce sont précisément les maillons où les PME du recyclage ont un rôle à jouer.

    Ce que la réglementation impose dès maintenant

    Le règlement européen 2023/1542 est entré en application en France depuis le 18 août 2025. Il étend le principe de Responsabilité Élargie du Producteur (REP) à toutes les batteries de transport, y compris celles des véhicules électriques. [2]

    Concrètement, les constructeurs automobiles, importateurs et fabricants financent désormais la collecte, l'enlèvement et le traitement des batteries en fin de vie. Ce financement crée une filière structurée, avec des acteurs agréés à chaque maillon.

    Les objectifs réglementaires à retenir

    • 65 % de taux de recyclage minimum à l'échelle européenne depuis 2025 (50 % en France).
    • 70 % visés en 2030 à l'échelle européenne.
    • 90 % de récupération pour le cobalt, le nickel, le cuivre et le plomb d'ici 2027.
    • 50 % de récupération pour le lithium en 2027, puis 80 % en 2031.
    • Dès 2025, déclaration obligatoire du contenu recyclé dans les nouvelles batteries. En 2031, les batteries devront contenir minimum 16 % de cobalt recyclé et 6 % de lithium recyclé. [5]

    Comment la filière s'organise en France

    La France compte cinq sites de recyclage opérationnels ou en construction en 2026, concentrés dans le nord du pays (entre Saint-Quentin et Dunkerque). Deux sites en Moselle viennent compléter ce dispositif, avec des capacités allant de 4 000 à 5 000 tonnes par an. [6]

    Les grands groupes sont positionnés : Veolia, Orano, Eramet, Umicore sur le traitement des matières. Renault développe sa propre filière à Flins. Stellantis s'est allié avec Veolia. En amont, Corepile a collecté 11 000 tonnes de batteries en 2024, toutes chimies confondues, soit une hausse de 11 % sur un an. [1]

    Le décollage industriel massif est attendu à partir de 2030, quand les premières générations de véhicules électriques arriveront en fin de vie en volume. Mais la filière se structure aujourd'hui. Et c'est précisément maintenant que se nouent les partenariats, les agréments, et les positionnements de collecte.

    Ce qui est rentable, et ce qui ne l'est pas encore

    Il faut être honnête sur ce point. Toutes les batteries ne se valent pas économiquement.

    Les batteries NMC (nickel-manganèse-cobalt), présentes dans les véhicules haut de gamme, sont économiquement intéressantes à recycler. Le cobalt et le nickel qu'elles contiennent se négocient à des cours élevés et peuvent générer entre 2 000 et 6 000 € de marge positive par tonne traitée. [6]

    Type de batterie Présence sur le marché Rentabilité du recyclage
    NMC (nickel-manganèse-cobalt) Véhicules premium (Tesla, BMW…) ✅ Rentable (2 000 à 6 000 €/t)
    LFP (lithium-fer-phosphate) Modèles abordables (Renault, BYD…) ❌ Déficitaire aujourd'hui (coût 1 500-2 500 €/t, valeur 800-1 500 €/t)

    Les batteries LFP représentent aujourd'hui la majorité des modèles abordables et donc du parc en croissance. Leur recyclage coûte entre 1 500 et 2 500 € par tonne, pour des matériaux dont la valeur marché est de 800 à 1 500 €. La marge est négative. Ce verrou économique est réel, et il conditionne fortement la rentabilité directe du recyclage pour les acteurs du traitement. [6]

    Mais ce n'est pas nécessairement le seul angle d'entrée pour une PME du recyclage.

    Où se situe le rôle d'une PME du recyclage dans cette filière ?

    Le traitement chimique des batteries, l'extraction du lithium et du cobalt, c'est le terrain des grands industriels. Ce n'est pas là que se joue le positionnement d'une PME régionale.

    En revanche, la filière a besoin de maillons en amont : la collecte auprès des garagistes, des concessionnaires et des démolisseurs, le stockage sécurisé (les batteries lithium sont classifiées matières dangereuses), le tri préliminaire pour identifier l'état de la batterie (recyclage direct ou seconde vie), et la logistique vers les sites de traitement.

    Ce sont des activités qui s'appuient sur des compétences que les PME du recyclage maîtrisent déjà : organisation logistique, gestion de déchets dangereux, traçabilité réglementaire, relations avec un réseau de prestataires locaux. La question n'est pas de tout réapprendre. C'est de savoir si et comment se positionner sur ces maillons.

    Ce qu'il faut être capable de piloter si on s'y positionne

    • Le nombre de batteries collectées par période, par source et par type de chimie.
    • L'état de chaque batterie à l'entrée (capacité résiduelle, orientation recyclage ou seconde vie).
    • La traçabilité complète de chaque unité, du point de collecte jusqu'au site de traitement.
    • Le coût réel de la collecte et de la logistique, pour valider la rentabilité du modèle.
    • Les déclarations REP associées, qui seront exigées par les éco-organismes agréés.

    Ce que ça coûte selon le maillon visé

    Se positionner sur ce marché ne demande pas le même investissement selon l'étape de la filière que l'on vise. C'est une question centrale pour tout dirigeant de PME qui évalue la faisabilité. Voici une lecture honnête, maillon par maillon.

    Maillon Ce que ça implique Investissement estimé Accessible aux PME ?
    Collecte et transport Véhicules et contenants homologués ADR, formation des chauffeurs au transport de matières dangereuses Limité si déjà équipé en logistique ✅ Oui
    Stockage sécurisé Zone ventilée, détection incendie adaptée au risque thermique lithium, conformité ICPE selon les volumes Quelques dizaines de milliers d'euros selon l'existant ✅ Oui
    Prétraitement (décharge, tri) Équipements de décharge électrique, habilitation haute tension, démantèlement partiel des modules 200 000 à 800 000 € ⚠️ À évaluer
    Traitement complet (broyage, extraction) Lignes industrielles lourdes, traitement sous atmosphère inerte, hydrometallurgie ou pyrometallurgie Plusieurs millions d'€ ❌ Grands industriels

    Pour une PME du recyclage déjà active sur les déchets dangereux et disposant d'une logistique en place, les deux premiers maillons sont accessibles sans transformation profonde de l'activité. Le prétraitement demande une évaluation sérieuse du modèle économique avant d'investir. Le traitement complet ne relève pas du périmètre d'une PME régionale.

    Ce qu'on ne sait pas encore

    Soyons directs. Ce marché n'est pas encore mature pour les PME. Le décollage industriel est attendu à partir de 2030. Les modèles économiques pour les batteries LFP ne sont pas encore viables. Et la filière est encore en train de se structurer, avec des acteurs qui cherchent à verrouiller leur positionnement.

    Ce n'est donc pas un signal pour agir dans l'urgence. C'est un signal pour s'informer, identifier les acteurs locaux déjà positionnés, comprendre les agréments nécessaires, et évaluer si les volumes collectables dans votre zone géographique justifient un investissement de positionnement.

    La bonne question à se poser aujourd'hui n'est pas "Est-ce rentable maintenant ?" C'est "Est-ce que je veux être présent quand ça le deviendra ?" Et si oui, qu'est-ce que je dois mettre en place maintenant pour que ce soit possible ?

    Piloter une activité émergente, ça commence avant qu'elle soit rentable

    Que vous décidiez de vous y positionner ou non, une chose est certaine : ce flux de matières va traverser votre secteur dans les prochaines années. Le comprendre, le suivre, et savoir quoi en faire fait partie du pilotage d'une entreprise de recyclage en 2026.

    Chez Sova Décision, nous aidons les PME du recyclage à structurer le suivi de leurs activités existantes et émergentes, pour que les données soient disponibles quand les décisions doivent être prises.

    Vous réfléchissez à votre positionnement sur ce marché ?

    Prenons 30 minutes pour en discuter. Pas de discours commercial : juste un échange sur ce que vous voyez dans votre activité et ce que les données peuvent vous apporter.

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    Sources

    1. Recy.net, Recyclage batteries lithium en France : enjeux et filières, décembre 2025 — recy.net
    2. ADEME, Filière REP Batteries — filieres-rep.ademe.fr
    3. Recycler Mon Véhicule / Salon de l'automobile électrique, Batteries électriques : vers un avenir durable en France, août 2025 — automobile-electrique.com
    4. Kings Research, Marché du recyclage des batteries de véhicules électriques 2032, février 2026 — kingsresearch.com
    5. Electra / ISIOHM, Recyclage batterie voiture électrique : process et filières en France, 2025-2026 — go-electra.com
    6. ISIOHM, Recyclage batterie voiture électrique : 95 % récupérable en 2026, avril-mai 2026 — isiohm.fr
    7. EY France, Impacts stratégiques et comptables liés au recyclage des batteries de VE, septembre 2025 — ey.com


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